Expériences de Voyage

Santacon : des milliers de pères Noël

Santacon : des milliers de pères Noël
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Santacon, des papas Noël par milliers

Quelques jours avant Noël, des dizaines de milliers de Pères Noël farceurs vont déambuler dans des centaines de grandes villes du monde entier. Découvrez une autre magie de Noël : celle du Santacon !

Santacon
@Elizabeth Blanchet

C’est bientôt Noël, les fêtes. Il y a ceux qui aiment, ceux qui détestent, ceux que ça angoisse ou que ça enchante… Dans tous les cas, pourquoi ne pas faire un pied de nez à l’aspect commercial de l’affaire en participant au Santacon ? Un défilé urbain déjanté de papas Noël qui se baladent d’attractions festives en bars en s’égosillant de chansons paillardes et en distribuant des petits cadeaux. Joignez la fête !

Des Danois subversifs et la Cacophony Society

« Petit Papa Noël, quand tu descendras du pub, avec tes bières par milliers, n’oublie pas de payer ta tournée… » : une telle comptine pourrait jaillir de la bouche des dizaines de milliers de Santas (Pères Noël, en anglais) qui déambulent chaque année dans des centaines de villes du monde, un des deux samedis – ou dimanches – précédant les fêtes de fin d’année. Cette balade au fil des rues, des manèges, des grands magasins et surtout des pubs ou des bars porte le nom de « Santacon » – abréviation de Santa Claus Convention – et remonte à une initiative de copains de San Francisco en 1994. Ils font partie de la Cacophony Society, un groupe d’artistes qui organisent des événements subversifs, du théâtre de rue, des happenings. L’un de leurs leaders est celui par qui le Santacon naît, Santa Rob – de son vrai nom John Law -. Il est aussi l’initiateur du fameux Burning Man Festival.

Bref, ces free spirits aiment bien mettre un peu le bazar tout en s’amusant. Noël constitue une excellente occasion ! Ce qui les énerve : la folie consommatrice qui s’empare de nos sociétés occidentales quelques semaines avant Noël. Et ce qui les inspire : un fait divers d’un groupe d’artistes danois des années 70, spécialisé en blagues politiques. Ses membres s’introduisent un jour dans un grand magasin de Copenhague habillés en Pères Noël et distribuent gratuitement à la foule les articles en rayon. La police intervient et reprend les joujoux des mains des enfants et arrêtent les Pères Noël…

SantaCon
@EddieHernandezPhotographie

De San Francisco au monde entier

Pourquoi ne pas faire revivre cet esprit de Noël tout en essayant quand même d’éviter l’option arrestations ? Un samedi de décembre 1994, les membres de la Cacophony Society décident de se déguiser en Pères Noël et d’errer dans les rues de Frisco, de bars en bars en chantant des variantes peu catholiques de comptines de Noël. Ils ne sont que quelques dizaines mais se font vite remarquer. L’un d’entre eux finit même en garde à vue pour avoir vomi sur la voie publique après quelques bières de trop… Qu’à cela ne tienne, la bonne humeur de ce groupe de papas Noël peu conventionnels se propage dans d’autres grandes villes des Etats-Unis : Portland, Los Angeles, New York, Austin et bien d’autres, et traverse même l’Atlantique, à Londres, décor du premier Santacon européen en 2000. La mayonnaise prend de suite. A l’audace américaine s’ajoutent l’humour et la dérision britanniques. Chaque année, le nombre de Santas décuple au pays de Sa Majesté. « Ca fait plus de 10 ans que je me déguise en Santa. Je ne peux pas faire le Santacon de Londres tous les ans mais si je peux, je suis de la partie », avoue Santa Rave, 45 ans. Pourquoi ? Pour l’ambiance bon enfant, pour les rencontres et les Santas qu’on retrouve chaque année. « Et puis, il ne faut pas s’en cacher, pour la tournée des bars, c’est un pub crawl déguisé en Santas. Imaginez la réaction des clients quand des dizaines de Pères Noël extravagants débarquent dans un pub, j’adore ! », s’exclame Santa Rave. Du Royaume-Uni où il se déploie dans d’autres villes que Londres, le Santacon passe la Manche et gagne du terrain sur le continent. Cette année Stockholm, Berlin, Naples, Paris, Madrid, Münich, Vienne – pour ne citer que quelques villes – répondent à l’appel du Père Noël !

santacon
@EddieHernandezPhotographie

Dress Code et subversion

Mais qui se cache derrière toutes ces barbes et tous ces déguisements bon marché ? « N’importe qui, c’est gratuit », poursuit Santa Rave. « On y rencontre des jeunes, des habitués, des novices, des curieux, des vieux aussi et il se passe plein de trucs »… Le site web donne le point de départ et, parfois, des éclaireurs indiquent le chemin à suivre ». Si tout le monde est bienvenu, quelques règles basiques sont à respecter : « Un simple chapeau ou une barbe ne suffisent pas. Il faut vraiment être costumé de pied en cap. Les elfes et autres tenues liées à Noël sont acceptées » concède Ian, en charge du website fédérateur des Santacons. Seconde règle importante : être aussi généreux que le vrai Père Noël. D’où ces hottes remplies de petits cadeaux distribués en cours de route.

Toujours subversif, le Santacon ? « Pas vraiment. Il n’y rien de très politique, modère Santa Rave. Il s’agit surtout d’un joyeux rassemblement qui s’époumone sur des couplets coquins ». D’ailleurs, à l’heure où les courses de Noël se font de plus en plus tôt et via internet, la lutte contre le consumérisme n’est sans doute plus la principale motivation des Santas… En tout cas, le compte à rebours a commencé pour des dizaines de milliers de Santas du monde entier prêts à célébrer à leur façon l’esprit de Noël ! « Une année, un Santa a demandé une Santa en mariage devant tous les autres au pied de la colonne de Nelson à Trafalgar Square. Depuis, j’ai entendu dire qu’ils étaient toujours mariés ! J’attends avec impatience le point culminant de 2018 », conclut Santa Rave.

Santacon
@Elizabeth Blanchet

Les informations utiles

Pour connaître les villes participantes et les points de départs : https://www.santacon.info/locations.html

Ne manquez pas la publication de notre prochain billet, écrit par Elizabeth Blanchet, sur la façon de réduire son emprunte écologique en voyageant ! 

Elisabeth Blanchet
Journaliste & Photographe |

Ancienne prof de maths,  je me suis reconvertie dans la photographie et le journalisme en 2003 à Londres où je vivais. J’ai travaillé pour différents magazines dont Time Out London et j’ai développé des projets à longs termes dont un sujet sur les préfabriqués d’après-guerre, une véritable obsession qui perdure, les Irish Travellers -nomades Irlandais- dans le monde, les orphelins de Ceausescu - je suis des jeunes qui ont grandi dans les orphelinats du dictateur depuis presque 30 ans -.  Je voyage beaucoup et j’adore raconter des histoires en photo, avec des mots, en filmant, en enregistrant… Des histoires de lieux, de découvertes, de voyages mais surtout de gens.

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