Conseils pratiques

Empreinte écologique : réduire son impact en voyageant

Empreinte écologique : réduire son impact en voyageant
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Réduire son empreinte écologique en voyageant

Prendre l’avion laisse une empreinte carbone terrible sur la planète. Comment l’éviter et compenser ? Comment trouver des adresses qui font la différence ? Comment favoriser le voyage durable et équitable, se rapprocher des populations locales et réfléchir à son empreinte sociale ? Voici quelques tuyaux pour faire évoluer sa perception du voyage et devenir acteur du tourisme durable.

Éviter l'avion

A l’heure où certains billets low-cost coûtent moins d’une vingtaine d’euros, il peut être difficile de résister à la tentation de réserver un ticket. Mais il est aussi plus que temps de penser aux conséquences : ces billets coûtent sans doute bien plus à la planète. Alors abandonnez l’idée et pensez à d’autres options non seulement liées à la réduction de l’empreinte écologique mais aussi à une autre philosophie du voyage. Déjà, pourquoi ne pas partir moins loin et à un autre rythme ? Des solutions telles que le co-voiturage, le train, le vélo et même le stop sont plus « propres » que l’avion et permettent de prendre le temps d’arriver à destination, ce qui fait aussi partie du charme du voyage. Pour les voyages en Europe, privilégiez les formules Inter Rail qui couvrent 30 pays et présentent de réels avantages financiers. Rien ne vous empêche de prendre le train au-delà des « frontières » d’Inter Rail : on peut aller jusqu’à Vladivostok et Pékin en train ! Le site britannique The man in seat at 61 est une mine d’information sur n’importe quel voyage en train dans le monde entier.

L’option co-voiturage existe désormais dans la plupart des pays. Les plateformes de réservation changent d’un endroit à un autre. Commencez par le site français BlaBlaCar qui a le mérite de proposer des trajets hors des frontières de l’hexagone. Pour ceux qui aiment la bicyclette, sachez que de plus en plus de départements, de régions et de pays s’attèlent à développer des réseaux de voies vertes qui permettent aux cyclistes de pédaler à l’écart des voitures, grâce entre autres, au projet européen EuroVélo. Et puis, pour ceux dont le budget est proche de zéro, l’auto-stop reste une option. Cette pratique du pouce levé reviendrait d’ailleurs au goût du jour comme en témoigne l’expérience de la ville de Marcq-en-Baroeul qui a mis en place des stations pour promouvoir entraide et petits trajets via l’auto-stop.

Réduire son empreinte écologique - trains britanniques

Train britannique – © Elisabeth Blanchet

Compenser son empreinte carbone

Si vous n’avez pas d’autre alternative que de prendre l’avion, essayez de choisir une compagnie qui agit sur sa compensation carbone. Air France propose par exemple l’initiative « Trip and Tree » via l’association A Tree For You. A chaque voyage, vous pouvez parrainer un ou plusieurs arbres d’un projet d’agroforesterie de votre choix. Et si vous choisissez une autre compagnie, rien ne vous empêche de faire le même geste de lutte contre le réchauffement climatique en plantant des arbres via la plateforme Ecosia.

Autre geste possible : utiliser le site Greentripper pour calculer vos émissions de CO2 et compenser en soutenant des projets contre le réchauffement climatique.

Réduction empreinte écologique Avion

 © TonyYao

Se mettre au vert

Outre le transport, on peut aussi limiter son empreinte écologique en choisissant mieux son hébergement. Privilégiez par exemple des endroits faisant partie du réseau français La Clef Verte ou marqués de l’Ecolabel Européen. Pour la France, utilisez la toute nouvelle plateforme Vaovert qui permet de réserver des hôtels, des chambres d’hôtes, des lieux insolites écologiques. Tous sont engagés dans une charte de tourisme responsable. Hors de France, consultez le site de Green Global Travel, il vous donnera non seulement de bonnes adresses mais vous guidera aussi dans tout le jargon de l’écotourisme et vous aidera à faire le tri : il faut en effet se méfier du greenwashing ou écoblanchiment, une série de pratiques consistant à utiliser abusivement un positionnement ou des pratiques écologiques à des fins marketing.

 Barcelone en colère contre le tourisme  – © Elisabeth Blanchet

Laisser une empreinte sociale

Pensez aussi à votre empreinte sociale et ne vous embarquez pas pour des destinations où le tourisme de masse fait rage. Plus personne ne peut nier les conséquences néfastes de ce dernier sur les populations locales et sur l’environnement : spéculation immobilière, flambée des loyers, disparition de commerces de proximité au profit de bars, de restaurants et d’enseignes touristiques, engorgement des rues et des espaces publics, nuisances sonores, accumulation de déchets et pollution. Tels sont les maux dont souffrent notamment des villes comme Barcelone, Venise, Rome ou Dubrovnik. Pensez aussi à éviter certaines destinations liées au tourisme sexuel ou de la drogue. Même si vous ne consommez pas, le simple fait de vous y rendre contribue à la pérennité de ces tourismes douteux.

Marchez donc plutôt hors des sentiers battus à la rencontre de populations locales auxquelles vous pourrez peut-être apporter quelque chose via l’hébergement, la consommation de produits locaux, la découverte de lieux, la pratique de nouvelles expériences tout en finançant des projets humanitaires d’ONG comme le propose U2GUIDE.

Il reste bien sûr toutes ces destinations « à ne pas manquer », des monuments incontournables classés aux patrimoines mondial et de Navarre. Pour éviter les flux de touristes, allez-y quand ils ne sont pas là : en saison creuse si tant est qu’il en existe une !

Réduire son empereinte écologique -Plage-bondée-Mer-Noire-Roumanie-©-Elisabeth-Blanchet

 La Mer Noire surpeuplée de touristes  – © Elisabeth Blanchet

Changer sa perception du tourisme

Dans le voyage, il y a aussi l’équipement, les petites affaires que l’on prépare scrupuleusement et qui nous suivent tout au long de nos aventures. Optez pour des marques qui font la différence comme Tentree qui plante dix arbres pour chaque vêtement vendu. Chaussez-vous chez Toms ou achetez leur des lunettes de soleil : un produit vendu aide une personne dans le besoin. Et ce ne sont que quelques exemples d’initiatives de tourisme durable. Pour en découvrir d’autres, munissez-vous de notre e-book : Comment voyager de manière responsable ? Fréquentez aussi des salons tels que le Festival des Globe-Trotters ou encore DirecTravel. Vous y ferez des rencontres, bénéficierez de tuyaux et on vous aidera à concocter le voyage de vos rêves.

Vous voilà désormais mieux armé pour limiter votre empreinte carbone. Votre vision du tourisme est aussi en train de changer. Vous avez réalisé qu’on ne peut plus le considérer uniquement comme un asset économique et vous l’envisagez désormais comme un levier de financement pour des projets de la société civile. Des projets qui permettent localement de mieux préserver l’environnement et d’appréhender les défis humains engendrés par l’explosion du tourisme. Des projets auxquels vous aussi pouvez contribuer.

Ne manquez pas la publication de notre prochain billet, écrit par un des membres de U2GUIDE, sur son expérience au Portugal !

Elisabeth Blanchet
Journaliste & Photographe |

Ancienne prof de maths,  je me suis reconvertie dans la photographie et le journalisme en 2003 à Londres où je vivais. J’ai travaillé pour différents magazines dont Time Out London et j’ai développé des projets à longs termes dont un sujet sur les préfabriqués d’après-guerre, une véritable obsession qui perdure, les Irish Travellers -nomades Irlandais- dans le monde, les orphelins de Ceausescu - je suis des jeunes qui ont grandi dans les orphelinats du dictateur depuis presque 30 ans -.  Je voyage beaucoup et j’adore raconter des histoires en photo, avec des mots, en filmant, en enregistrant… Des histoires de lieux, de découvertes, de voyages mais surtout de gens.

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